Commission des affaires sociales : Question au Président de la HAS

Commission des affaires sociales : Question au Président de la HAS · Christine Le Nabour députée d'Ille-et Vilaine

Commission des affaires sociales : Question au Président de la HAS

Commission des affaires sociales : Question au Président de la HAS

Christine LE NABOUR est intervenue en Commission des affaires sociales ce mercredi 12 mars 2025, lors de l’audition de Lionel COLLET - Président de la Haute Autorité de Santé (HAS), pour plaider en faveur d’une meilleure reconnaissance de l’hémodialyse longue nocturne en chambre individuelle. Une modalité encore trop marginale en France, alors qu’elle améliore significativement la qualité de vie et l’insertion professionnelle des patients.

 

Christine LE NABOUR interroge le Président de la HAS en Commission des affaires sociales

Un enjeu de santé publique et d’insertion professionnelle

Actuellement, plus de 55 000 patients sont dialysés en France, mais seuls 250 bénéficient de l’hémodialyse longue nocturne en chambre individuelle. Or, cette méthode présente des résultats probants en matière de qualité de vie et de maintien dans l’emploi. En Bretagne, 110 patients y ont accès, dont Fabrice HURÉ, dialysé à l’AUB Santé depuis plus de 20 ans [récompensé par Christine LE NABOUR pour son engagement dans le sport santé - article ici]. Il témoigne quotidiennement des bénéfices de cette modalité, qui lui permet de concilier traitement, activité professionnelle et pratique sportive.


Dans son intervention, Christine LE NABOUR a souligné que près d’un tiers des patients dialysés ont moins de 65 ans. Pourtant, après huit ans de dialyse, moins de 2 % d’entre eux sont encore en activité. À l’inverse, l’hémodialyse longue nocturne en chambre individuelle permet un taux de maintien dans l’emploi de près de 60 %. Un constat qui pose la question du développement et du soutien institutionnel à cette alternative.

 

Une étude médico-économique obsolète

La députée a interpellé Lionel COLLET sur l’absence de données récentes concernant cette modalité. La dernière étude médico-économique de la HAS sur l’hémodialyse remonte à 2014 et ne prend pas en compte l’évolution des pratiques, notamment l’essor des dialyses fréquentes à domicile. Ce modèle, soutenu par un financement à l’acte, a vu sa part passer de 30 % en 2012 à plus de 85 % aujourd’hui, en grande partie sous l’influence du lobbying industriel.

 

Christine LE NABOUR a ainsi demandé si la HAS envisageait d’actualiser cette étude, afin d’intégrer ces évolutions et de mieux évaluer les bénéfices réels de l’hémodialyse longue nocturne en chambre individuelle.

 

Un financement inadapté qui freine le développement de cette modalité

Au-delà des aspects médicaux, la députée a mis en lumière un problème structurel : le mode de facturation actuel repose sur un paiement à l’acte, favorisant les séances courtes et fréquentes, au détriment des séances longues mais moins fréquentes, pourtant bénéfiques pour de nombreux patients.

 

Face à ce constat, elle a interrogé Lionel COLLET sur la possibilité d’une réforme du financement, afin d’encourager des modalités mieux adaptées aux besoins des patients et à leur maintien dans l’emploi.

 

Vers une prise de conscience et des évolutions nécessaires

En mettant en avant des données chiffrées précises et des témoignages concrets, Christine LE NABOUR a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience institutionnelle pour améliorer l’accès à des soins plus adaptés« Nous ne pouvons pas accepter qu’une modalité aussi efficace en matière de qualité de vie et de maintien dans l’emploi soit marginalisée par des logiques financières inadaptées », a-t-elle conclu.

 

Retrouvez l'intervention de Christine LE NABOUR et la réponse du président de la HAS en vidéo.

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